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Haïti-Gouvernance : Stéphanie Auguste à la tête
du MHAVE,une nomination qui a l'allure d'une gifle
Publié le 16 mars 2017 | 7h18PM ET



MIAMI -- On ne cesse de réaffirmer le poids des migrants haïtiens dans l'économie haïtienne. Selon les chiffres publiés par la Banque interaméricaine de développement (BID), Haïti a reçu 1 milliard 923 millions de dollars de transferts de sa diaspora en 2010. Ces envois de fonds ont atteint 1,954 milliard en 2014, et sont passés à 1,997 milliard en 2015, représentant plus de 21% du produit intérieur brut (PIB), soit le ratio le plus élevé enregistré en Amérique latine et dans la région des Caraïbes (ALC).

Ces données montrent clairement l'énorme contribution de ces migrants - vivant pour la plupart aux États-Unis, au Canada, en France, aux Bahamas, en Suisse, en Belgique et en République Dominicaine - dans l'économie du pays natal.

Le poids relatif de la diaspora dans la dynamique démographique haïtienne et sa contribution à l'économie nationale ne cessent de s'accroître et sont devenus incontournables. Aujourd'hui, Haïti peut difficilement penser son avenir indépendamment de celui de sa diaspora et de ses ressources politiques, économiques, professionnelles, culturelles et informationnelles considérables. Et en tant qu'un pilier très important dans l'économie du pays, les responsables gouvernementaux feraient mieux de leur traiter avec respect. Paradoxalement, malgré tout ce dévouement pour la mère patrie, la diaspora reste encore à l'écart des sphères de décision.

L'idée de créer un organe servant d'interface entre l'exécutif et les compatriotes vivant à l'étranger, germait depuis la fin des années 70. En effet, ce n'est qu'en 1988, sous la présidence militaire de l'ex-Général Prosper Avril, que l'importance de ces communautés éparpillées un peu partout dans le monde a été officiellement reconnue à travers la création d'un " Commissariat aux Haïtiens d'Outre-Mer ". Le président Jean-Bertrand Aristide créa à son arrivée au pouvoir en 1991 un Secrétariat du dixième département (SEDID), qui est attaché à la présidence, puis un Ministère des Haïtiens Vivant à l'Étranger (MHAVE) à son retour d'exil en 1994.

Ce Ministère était né du souci des autorités de l'État de mettre en place un nouveau partenariat entre les Haïtiens vivant dans la mère patrie et ceux de l'extérieur pour le développement du pays. Jusqu'à date les relations entre l'État haïtien et les ressortissants à l'étranger sont restées ambivalentes sur fond de défiance. Car nombreux de ceux-là qui occupent les rares positions stratégiques et décisionnelles dans le pays affichent une certaine crainte face à la perspective d'un retour, même temporaire, de compétences extérieures perçues comme une concurrence menaçante dans un contexte où les emplois qualifiés et les positions de prestige restent limités.

Ce sont les mêmes discours qui reviennent sans cesse. Les autorités haïtiennes n'ont jamais manqué de faire l'éloge de l'énorme contribution des transferts d'argent de ces expatriés dans l'économie du pays, rappeler qu'ils sont les " premiers touristes ", et les demander de faire la promotion de la terre natale à l'étranger, sans pour autant mettre en place un minimum de structures pouvant les accueillir dignement comme fils et filles authentiques du pays.

Selon toute logique, pour le portefeuille du Ministère des Haïtiens Vivant à l'Étranger (MHAVE), il serait préférable de nommer une personnalité ayant déjà fait ses preuves dans le combat pour l'intégration des membres de cette grande communauté. Faut-il souligner que ces dernières années, à bien des égards, tous ces ministres qui ont occupé le portefeuille du MHAVE ont été nommés, soit sur une base de relations personnelles avec le président de la république ou le Premier Ministre, ou soit sur une base de 'deal politique' pour le partage du pouvoir. Les plus récents titulaires successifs du MHAVE, dont Daniel Supplice, Bernice Fidélia, Pierre-Richard Casimir, François Guillaume II, Olivier Pierriche, Robert Labrousse, et Jessy C. Petit-Frère, n'ont en effet rien laissé de concret en termes de réalisations à la tête de cette institution, qui se veut être au service des haïtiens expatriés.

Si le sociologue Daniel Supplice avait particulièrement tenté, durant son passage de près de deux ans à la tête de ce ministère, de donner un minimum de reconnaissance aux membres de la diaspora à travers l'organisation de la Semaine de la diaspora en Haïti, il est toutefois regrettable de souligner que son initiative a été minimisée par l'équipe au pouvoir d'alors. Il est important de noter que le président d'alors Michel Martelly ainsi que son Premier Laurent Lamothe ont amassé des fortunes dans la diaspora ; le premier dans le secteur Entertainment en tant que musicien vedette du groupe compas Sweet Micky, le second dans le secteur de la téléphonie mobile avec sa compagnie NoPin Long Distance.

À la surprise de plus d'un, aujourd'hui c'est Mme. Stéphanie Auguste, considérée comme une illustre inconnue qui est nommée à la tête du MHAVE. Et qui pis est, les nouveaux chefs des lieux (le président Jovenel Moïse et son Premier ministre Dr. Dr. Jack Guy Lafontant) ont placé Mme. Yolette Mengual à la tête de la direction Générale de ce ministère. Celle-ci est accusée à cor et à cri d'avoir rançonné des candidats lorsqu'elle siégeait comme juge électorale au niveau du Bureau du contentieux électoral national (BCEN).

On a du mal à croire que le président Jovenel Moïse, ce candidat qui avait reçu de grands supports au niveau de la diaspora lors de la longue période de campagne électorale, s'est carrément montré 'irrespectueux' envers les expatriés.

"Injuste" et "inadmissible", les haïtiens de l'extérieur doivent se sentir humiliés de voir les hauts responsables du pouvoir exécutif continuent encore de les marginaliser. Car Mme Auguste, selon toute vraisemblance, n'a aucune reconnaissance sectorielle en Haïti comme à l'étranger. Un petit coup d'oeil sur Google.com peut donner une idée de la nouvelle ministre du MHAVE. Inconnue du grand public, tout laisse donc croire que cette jeune dame pourrait être une 'protégée', soit du nouveau président ou d'un autre membre influent de la nouvelle équipe gouvernementale. Par cette nomination, le duo Moïse-Lafontant ne fait que marcher sur les traces de leurs prédécesseurs.

La diaspora haïtienne devrait être tout au moins consultée - à travers certains groupes influents - dans le choix du titulaire de ce portefeuille. Car le/la responsable de ce ministère doit avoir une certaine connaissance des besoins d'intégration et autres des membres de cette population d'outre-mer afin de développer une politique en leur faveur, en bonne synergie avec les autres entités étatiques du pays.

Sans vouloir questionner les compétences de Mme. Stéphanie Auguste, sa nomination à la tête du MHAVE laisse supposer que ce ministère va de Charybde en Scylla. Le MHAVE s'est avéré d'être fort souvent un ministère dont son existence ne sert qu'à 'fermer la bouche' des adversaires du pouvoir en place au nom du partage du " gâteau-politique ".

Dans ses premières déclarations lors de son installation, la nouvelle ministre a annoncé qu'elle allait faire de son mieux en vue d'assurer l'application des grandes lignes de la politique générale du gouvernement en accordant une attention spéciale aux investisseurs haïtiens de l'étranger.

Me. Aviol Fleurant, le ministre (reconduit) de la Planification qui l'a intronisée, s'est adressé en ces termes : " Je vous invite à créer des conditions susceptibles de permettre aux Haïtiens de l'étranger de revenir investir dans le pays en vue de favoriser la création de richesse pour contribuer à l'accroissement économique du pays".

Se basant sur ces déclarations, faut-il croire qu'aujourd'hui encore, c'est l'argent des membres de la diaspora qui est prioritaire pour le nouveau gouvernement Moïse-Lafontant. Mais les problèmes fonciers ; les problèmes rencontrés au niveau des douanes du pays auxquels ces expatriés sont confrontés depuis des années ; l'insécurité à laquelle ils font face à leur retour comme pendant un petit séjour au pays ; le droit de vote qu'ils n'ont cessé de réclamer à cor et à cri, semblent loin d'être le cadet des soucis de cette nouvelle équipe au pouvoir.

Le moment est donc venu, au-delà des personnes, de se poser la question de la finalité de ce ministère qui semble maudit au nom du manque de respect des gouvernants envers ces haïtiens de l'extérieur.

Plutôt que d'afficher une virtualité, le temps ne serait-il pas venu de construire un MHAVE qui pourrait réellement peser et rend justice à cette diaspora dont ses transferts croissants demeurent incontestablement l'un des moteurs de l'économie haïtienne. Il ne sert à rien dans ces conditions de maintenir la fiction d'un ministère dont le seul résultat est de faire semblant que ces fils et filles du pays comptent pour les dirigeants locaux.

Nommer une inconnue (Mme. Stéphanie Auguste) au poste de ministre et une personnalité de réputation douteuse (Yolette Mengual) à la direction générale du Ministère des Haïtiens Vivant à l'Étranger (MHAVE), c'est donner une gifle à ces expatriés considérés comme étant le poumon économique du pays.

N'étant pas des produits de la diaspora, on est en droit de douter que ces nouveaux dirigeants sauront travailler à donner au MHAVE " l'essence de son existence aux yeux des compatriotes haïtiens de l'extérieur. "

Le Floridien, 27 mars 2017









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