Le Floridien.com
ABOUT US AD RATES MEDIA KIT CONTACT US PLACE an AD OUR ADVERTISERS OLD ISSUES
ACCUEIL / HOME HAITI-ACTUALITE COMMUNITY NEWS CULTURE SPORTS COMMUNAUTE EDITORIAL


Haïti: la " taxe de la diaspora ", un faux débat
Une expérience douloureuse engendre une grande méfiance
1 Septembre 2017 | 6h23 PM ET


MIAMI -- La décision de l'Exécutif haïtien de modifier le 2e paragraphe de l'article 35 du décret du 29 septembre 2005 relatif à l'impôt sur le revenu, précisant qu'" en aucun cas, l'impôt sur le revenu sur la base forfaitaire ne peut être inférieur à 10 000 gourdes (environ 160 dollars américains)", a provoqué un nouveau tollé et n'a pas manqué de soulever la grogne chez les membres de la diaspora.

En effet, selon les dispositifs du projet de budget pour l'exercice fiscal 2017-2018 déposé au parlement haïtien pour ratification, 10 000 gourdes seront le minimum requis pour les impôts sur le revenu en Haïti. À l'analyse de cette taxe forfaitaire, tout haïtien ou toute autre personne qui veut faire une transaction en Haïti devra s'acquitter de cette nouvelle imposition.

L'article 81 de ce même décret relatif à l'impôt sur le revenu a subi également des modifications. Désormais, pour obtenir entre autres : un timbre et livraison de passeport; des plaques d'Immatriculation de véhicules; un permis de séjour; un permis de conduire; un enregistrement des titres de propriétés et de sûretés mobilières; une demande de franchise et de subvention; une légalisation de pièces; une patente ou un impôt locatif, les demandeurs doivent d'abord payer un impôt forfaitaire de dix mille (10,000.00) gourdes au minimum.

Les membres de la diaspora voient dans cette démarche une nouvelle attaque directe contre eux de la part du régime en place, considéré comme un prolongement de la présidence de l'ancien chef d'État Michel Martelly. Ce dernier avait déjà laissé un goût amer chez les Haïtiens vivant à l'étranger, avec l'instauration sous sa présidence d'une taxe de $1.50 collectée par l'état haïtien sur les transferts d'argent et les appels téléphoniques vers Haïti.

On comprend la logique du pouvoir en place qui, avec un Président et un Premier ministre dépourvus de vision politique, cherche désespérément à trouver les moyens nécessaires pour combler le déficit budgétaire à venir. Ainsi, et comme toujours, le duo Moïse-Lafontant se tourne une fois de plus vers la diaspora - véritable vache à lait - pour subventionner le nouveau budget et renflouer les caisses de l'état.

Cette taxe, désormais baptisée "taxe de la Diaspora", a déjà été approuvée par 74 députés proches ou alliés du pouvoir en place, et est en attente d'entérinement au niveau du Sénat. En conséquence, aucun membre de la diaspora, s'il n'est pas en règle avec l'administration fiscale haïtienne, ne pourra bénéficier des services délivrés par les administrations publiques du pays, quand service il y'a !. Il faut dire que ce ne sont pas seulement les membres de la diaspora qui seront affectés par ces amendements, dans le cas où le budget déposé arrive à être ratifié par les deux chambres du pouvoir législatif. Les membres du secteur des affaires comme le simple citoyen sans emploi devront eux aussi passer à la caisse, car pour l'obtention d'un simple permis de conduire par exemple, l'habitant lambda devra débourser l'impôt forfaitaire de dix mille (10,000.00) gourdes au minimum pour espérer voir la couleur de son précieux sésame.

Confus, ou du moins très mal informés par les messages diffusés à profusion sur les réseaux sociaux au sujet de cette taxe controversée, nombreux sont les membres de la diaspora qui élèvent la voix pour critiquer son application. Voulant 'faire échec à ce projet du pouvoir en place', ils se mobilisent via une pétition mise en ligne pour sensibiliser tous les fils du pays de l'extérieur. Les initiateurs de ce mouvement de protestation espèrent ainsi interpeller le gouvernement haïtien et lui demander le retrait pur et simple de cet impôt forfaitaire de 10,000 Gourdes, montant qui risque d'être définitif avec une reconduction tacite à chaque exercice.

Signe que le message commence à tinter aux oreilles des hauts responsables, le président du corps, le sénateur Youri Latortue, pointé du doigt comme étant le concepteur de ladite taxe, est sorti de sa réserve pour se dédouaner devant la presse, déclarant à qui veut l'entendre , qu'il avait depuis 2015 désapprouvé cette taxe que voulait imposer l'Exécutif d'alors. Latortue, qui, dit-on, ambitionne déjà de ravir la présidence du pays, laisse croire que l'implication de son nom dans cette affaire est un coup politique monté de toutes pièces par ses opposants.

Faux débat

Le débat pour payer ou non cet impôt forfaitaire annuel de 10,000 Gourdes est absolument insensé, voire même ridicule. À l'analyse de cette nouvelle "taxe de la diaspora ", celle-ci s'appliquerait aux membres de la diaspora qui auront à faire une transaction ou une demande de services quelconques auprès d'une institution publique. Et c'est là que le regard inquisiteur des réseaux sociaux joue leur rôle de garde-fou contre d'éventuelles dérives du pouvoir, même si on n'est pas à l'abri des "fakes news". Il suffit que quelqu'un lâche un "message viral", soit sur Facebook, Instagram ou twitter (les plus fréquentés par les internautes haïtiens) pour qu'il se répande comme une trainée de poudre parmi toute la population.

Les impôts sont des sommes d'argent perçues par l'état, les régions, les départements et les communes. L'argent récolté sert aux dépenses du pays pour construire les routes, les écoles, hôpitaux et parcs, etc... et à payer le personnel qui s'occupe de leur bon fonctionnement.

Tout citoyen honnête doit s'acquitter de ses obligations fiscales et payer ses impôts pour contribuer au bon fonctionnement de son pays. Aux États-Unis par exemple, aussi bien le gouvernement fédéral que l'état régional imposent de nouvelles taxes aux citoyens quand c'est nécessaire pour combler un déficit budgétaire. Mais étant donné que la population est grande, le citoyen n'absorbe qu'un minimum en termes de pourcentage de cette hausse, et ne ressent souvent même pas l'effet de cette pression budgétaire. Ainsi, il (citoyen) trouve normal d'y contribuer, pour la simple et bonne raison qu'il a la garantie que sa contribution va aider la collectivité et sera utilisée à bon escient.

Nous sommes convaincus que nombreux sont les membres de la diaspora qui n'auraient aucun problème à payer cette taxe forfaitaire de 10 000 gourdes au minimum, s'ils avaient la certitude que leur contribution serait de nature à améliorer le quotidien de leurs frères et sœurs restés au pays. Le montant de 160 dollars américains n'est pas un problème en soi, car celui qui peut acheter un billet d'avion pour rentrer au pays natal, peut toujours trouver le moyen de payer cette taxe s'il a besoin un jour de s'adresser à l'administration publique pour un service quelconque. Mais c'est surtout la non-garantie d'une bonne gestion de cette somme qui pose problème aux yeux de la diaspora.

Comme depuis des décennies, les régimes qui se sont succédé au pouvoir en Haïti survivent en grande partie grâce à l'apport de cette même diaspora en devises. À tort ou à raison, les Haïtiens vivant à l'étranger redoutent que cette nouvelle taxe ne soit une opportunité de plus pour les corrompus du pouvoir central de s'enrichir davantage.

Mais où va l'argent ?

Nos dirigeants ont malheureusement la fâcheuse habitude de toujours mettre la charrue avant les bœufs : "payez d'abord et on verra pour la gestion après". Or, le noble citoyen d'Haïti n'est pas dupe. Il a appris à ses dépens les prévarications des gouvernants et ne connaît que trop bien les maux qui gangrènent son pays : mauvaise gestion de la chose publique, gabegie, détournements et enrichissements personnels… la liste est longue et colorée.

Dès lors, quoi de plus normal pour ce même citoyen que de se montrer réfractaire face à une nouvelle taxe quand son quotidien et son environnement, eux n'évoluent pas ? Accepter ce nouvel impôt, n'est-ce pas une façon de cautionner une gouvernance déficiente dont il sera lui-même l'otage ? Nos dirigeants ne devraient-ils pas au préalable réinstaurer un climat de confiance et fournir plus de gages d'assurance ? Ne serait-il pas plus judicieux de commencer par assainir les finances publiques avant de demander au pauvre contribuable de mettre une fois de plus la main à la poche?

Toutes ces questions que se pose le citoyen haïtien sont légitimes, et c'est au gouvernement d'apporter une réponse franche et convaincante, de rendre des comptes et d'assumer ses responsabilités quant à sa gestion de l'argent public, s'il veut espérer reconquérir un jour l'adhérence de tous.

Or en Haïti, les hommes au pouvoir jouissent d'une impunité absolue, totale, voire même légale. Les criminels financiers persistent dans leurs forfaitures sans jamais être inquiétés. On peut compter sur les doigts d'une main le nombre d'anciens responsables de l'état qui ont été punis pour avoir dilapidé les caisses publiques.

Chat échaudé craint l'eau froide

Une expérience douloureuse engendre une grande méfiance, elle fait même craindre ce qui a tout l'air d'être un "remake". Quand on sait que les membres de la diaspora sont encore 'traumatisés' par la mauvaise gestion de la taxe ($1.50) collectée par l'État haïtien (initiée sous la présidence de Michel Martelly) sur les transferts d'argent et les appels téléphoniques vers Haïti, et bien que pouvant être induits en erreur par les réseaux sociaux, on comprend leur désarroi et leur volonté de prendre les devants pour protester contre cette décision de l'actuel exécutif. On saisit bien mieux pourquoi un rescapé de l'échaudoir se méfie de l'eau, même froide !

Les fils d'Haïti qui vivent à l'étranger pourront toujours y mettre les pieds sans se soucier de cette " taxe de la diaspora ", à condition qu'ils n'entretiennent aucune activité susceptible d'engager l'utilité des services publics. Pour ceux qui possèdent des biens (maisons, immeubles, commerces) ou qui font des transactions nécessitant l'implication des services publics, ils n'auront d'autre choix que de montrer patte blanche avec les dix mille (10,000.00) gourdes au minimum exigées. Quant à savoir ce que les tenants du pouvoir vont faire avec l'argent ainsi collecté, voilà un mystère qui risque de perdurer ad vitam aeternam.

Les fonds prélevés sur les membres de la diaspora, s'ils sont judicieusement et sagement gérés, pourraient constituer des capitaux de départ pour des investissements vitaux tels que la construction des hôpitaux, l'édification des écoles ou encore l'entretien et le développement des infrastructures routières. Cela favoriserait le bien-être de la collectivité et fera profiter l'ensemble de la population. Le contribuable haïtien veut voir des changements concrets et palpables. Or jusqu'à date, le seul changement qu'il a vu, c'est celui du montant de la nouvelle taxe qu'il devra payer.

D. Ferdinand / Le Floridien
28 Août 2017







HOME PAGE




Home

Home

Home


Home


LE FLORIDIEN e-version
Vol.17 No.394 | September 1 - 15, 2017

Description: Page couverture

"NOS ANCIENNES EDITIONS (pdf)"

><br>
  <br><br><br><br>
 </A></div>
  </b> <br>
 
  
  <br>
  </center>  
        
      </p>
</div><br><br><br>
  
 <img border=0 src=




MADAME GOUGOUSSE HAITI CUP 2016
Dimanche 22 Mai 2016 / FIU North Stadium

Home





L’ACTUALITÉ EN VIDÉO


Vol inaugural de la American Airlines Miami vers Cap-Haïtien le jeudi 2 octobre 2014.


Home Haïti-Politique Florida Politic Culture Sports Communauté Editorial Haitian News

To contact us, please call (305)-610-7481 Thanks for visiting Le Floridien Newspaper


 

This site is progressively updated. Copyright 2013 Le Floridien Inc. All rights reserved - 2013   |  Tous droits réservés