Martelly salue la décision des prétendus anciens militaires qui décident de mettre fin à leur mouvement |||| Laurent Lamothe se présente comme l'homme de la situation et salue les sénateurs qui ont voté en faveur de son énoncé de politique générale.

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Un an après, quel bilan pour le président Martelly?

MIAMI -- Le président haïtien Michel Joseph Martelly vient de boucler [ lundi 14 mai 2012 ] la première année de son quinquennat au pouvoir. L'ancien chanteur de la scène compas qui a fait le grand saut politique, il n'y a pas longtemps, pour accéder à la magistrature Suprême du pays, avait promis de gouverner autrement.

L'arrivée au pouvoir du 56e chef d'Etat d'Haïti avait suscité chez ses supporteurs frustrés depuis vingt-cinq ans, l'espoir de voir renaître Haïti de ses cendres après le terrible tremblement de terre de janvier 2010. Son élection avait pu autoriser certains à nourrir aussi l'espoir que les méthodes traditionnelles de gouvernance dans ce pays où des dictateurs se sont succédés au pouvoir depuis l'indépendance, seront des souvenirs lointains. Martelly avait promis de divorcer avec le passé.

La semaine précédant ce premier anniversaire, le chef de l'Etat a accordé à la presse nationale et internationale une série d'interviews visant à faire le bilan de ses premiers 12 mois au pouvoir. Evidemment, comme toute auto-évaluation, Michel Martelly s'est décerné un satisfecit pour ses actions à la tête du pays. Nombreux sont les observateurs qui ont un avis contraire.

En pleine campagne électorale, son prédecesseur René Garcia Preval qui avait dirigé le pays dans une ambiance de " laisser-aller ", avait déclaré que M. Martelly, candidat d'alors, qui avait bénéficié de l'exclusion du second tour du favori du pouvoir, Jude Célestin, (gendre de René Preval), est un Mussolini (feu président ita-lien, fondateur du fascisme, l'un des plus pires dictateurs qu'ait connus l'Europe) en herbe, un populiste de droite entouré de bandits. Une telle déclaration faisait peur pour l'avenir de la jeune démocratie en Haïti. Et les premières dérives totalitaires de sa présidence allaient donner raison en partie à son prédecesseur.

Le tempérament autoritaire de cet ancien rassembleur de foule à l'occasion des soirées festives ne l'aura pas permis de rassembler à sa cause tous les secteurs de la vie politique haïtienne, lui qui est malheureusement arrivé au pouvoir sans bases politiques et sans expérience dans le milieu. Dans les premiers mois de sa présidence, Michel Martelly trop pressé, pour être animé de la volonté de changement pour le bien-être de la population haïtienne, a confondu vitesse et précipitation. Martelly a en maintes occasions tenté d'agir comme un Chef suprême, sans tenue compte des obligations faites par la loi mère du pays, la Constitution du 29 mars 1987, dont sa mise en application se repose sur un rapport dynamique entre les trois pouvoirs. Ainsi, le pays allait connaître une succession de crises sans issues sérieuses, nées d'un rapport de force exécutif-législatif, disons-mieux présidence-législatif, avec de mauvaises conséquences sur le quotidien des citoyens.

Le président Martelly a encaissé coup sur coup deux échecs par devant le parlement avant de voir sa troisième personnalité désignée (Dr. Gary Conille, un choix imposé par l'international, dit-on) au poste de Premier ministre acceptée par les deux chambres pour l'installation de son premier gouvernement, en octobre 2011, cinq mois après son installation.

La présidence de Martelly a engendré une accumulation de crises basées sur des conflits de personne. La plus longue et la plus médiatisée fut l'arrestation illégale et arbitraire d'un député en fonction ( Arnel Belizaire ) à l'aéroport international de Port-au-Prince le jeudi 27 octobre 2011. Le représentant de Delmas/Tabarre revenait d'une mission parlementaire en France. Cette affaire avait une très forte odeur de vengeance aux yeux des observateurs, quant on sait que deux semaines plus tôt (12 octobre), le député Arnel Bélizaire avait eu une altercation au Palais national avec le président de la République qui, quelques jours plus tard avait appelé la justice à sévir contre des fugitifs qui seraient réfugiés au Parlement, sous couvert d'immunité. Le commissaire du gouvernement a.i. du Parquet de Port-au-Prince d'alors, Félix Léger, avait donc lancé un mandat d'arrêt contre le député considéré comme un évadé de prison. Le commissaire aura fait quelques jours plus tard les frais d'une telle décison vraisemblablement prise sous pression de la présidence. Aujourd'hui, cette affaire est close, ou censée l'être.

Il y a eu aussi ces longs mois de questionnement de la nationalité du chef de l'état. Des procès menés pendant plusieurs semaines par des commissions montées en série par ses plus farouches adversaires politiques, dont le sénateur du nord Moïse Jean Charles et le député Arnel Bélizaire, qui, en fin de compte, ont abouti dans l'absurde et le ridicule. Du temps perdu pour rien.

Une fois la flamme du dossier de la double nationalité du président s'est un peu éteinte, un autre dossier pointait à l'horizon : une affaire de $2.5 millions et de contrats douteux concédés à un puissant sénateur dominicain, Felix Bautista, proche du président sortant Leonel Fernandez, selon les révélations d'une enquête menée par Nuria Piera, une journaliste très respectée en République Dominicaine. Le président haïtien est accusé de corrupteur. Mais Martelly nie avoir reçu pareille somme.

Le 56e chef d'Etat d'Haïti n'a pas pu imposer ses quatre volontés au législatif comme le prêtaient bien au départ ses nombreuses dérives autoritaires. C'est quelqu'un de très très nerveux, qui pète le plomb très facilement pour faire valoir son statut de Président de la République. Tout défiant qu'il est, Martelly n'aime pas du tout qu'on lui tienne tête, qu'on lui désobéisse. Ses plus farouches adversaires semblent donc bien connaître cette "mentalité" chez le chef de l'Etat et lui tendent des "obstacles politiques" pour l'irriter. Et fort souvent, il avance sans réfléchir (peut-être dûe à l'absence de bons conseillers dans son entourage) comme un grenadier à l'assaut.

"C'est un monsieur très fort en gueule (excusez notre expression), mais en fait qui n'est pas rancunier. Une fois le moment de la nervosité est passé, il est devenu l'homme le plus jovial qu'il a toujours été", vous diront les amis proches du président.

Le bilan de la première année de gouvernance de M. Martelly est « moyen ». Il a le mérite de mener à bien le projet de relogement des dizaines de milliers de sinistrés du 12 janvier 2010. Le programme " 16-6 " a déjà permis l'évacuation de seize camps ainsi qu'une réhabilitation en six quartiers. Il a nommé un président et des juges à la Cour de cassation dans un élan de remettre sur pied la justice haïtienne, question de rendre à ce pouvoir son indépendance. La rénovation de la section "Arrivée" de l'aéroport international Toussaint Louverture et la construction de plusieurs tronçons de route dans la capitale et des villes de province comptent aussi à son actif. Côté investissements, les travaux de construction du nouveau Parc industriel de Caracol sont déjà dans un stade très avancé. L'usine permettra la création prochaine de 60 000 emplois.

Martelly a aussi tenté de recoudre le tissu politique déchiré depuis tant d'années en allant à la rencontre de presque tous ses prédecesseurs encore vivants, dont Jean-Claude Duvalier, mais aussi Jean-Bertrand Aristide et René Préval.

L'ancienne star de la musique compas a aussi fait montre d'un réel engagement pour l'éducation des enfants en bas âge. Le programme de scolarisation universelle touche plus d'un million d'enfants au cours de la première année, à en croire le chef de l'exécutif. Martelly a mis ses oreilles à l'écoute de la population pour continuer à jouir encore une capitale de sympathie chez les masses, point fort de sa personnalité de "Sweet Micky", son ancien nom de scène dans la musique haïtienne.

Il est toutefois regrettable de noter qu'aucune loi n'a été déposée devant le parlement, les dates exactes des prochaines élections n'ont pas encore été arrêtées, l'amendement de la Constitution est loin d'être une réalité, et la promesse de reconstitution de l'armée d'Haïti n'est jusqu'à présent pas tenue.

Faut-il incomber toute la responsabilité de ce score moyen au président, bien qu'il soit le capitaine de l'équipe ? Ce serait injuste. La réponse est bien NON. Devons-nous rappeler que Martelly a gouverné durant ses premiers douze mois presque sans un Premier ministre, disons sans une vraie équipe gouvernementale dédiée à la cause de sa présidence. On aurait tort de crucifier le chef de l'Etat, seulement un an après son accession au pouvoir.

S'il est reproché pour ses nombreuses dérives, notamment ses conflits avec le législatif qui ont marqué le début de son mandat, ses rapports compliqués avec la presse haïtienne, dont il accuse certains membres de déstabilisateurs de son pouvoir, il faut reconnaître que le président Martelly aime profondément son pays et qu'il n'est pas - jusqu'à date - la pire des présidences que le pays ait connue ce dernier quart de siècle.

Michel Martelly a toujours prôné qu'il est le Président de tous les Haïtiens, c'est-à-dire de ceux qui l'ont élu comme de ceux qui l'ont vilipendé hier et aujourd'hui, de ceux qui l'aiment tout comme de ceux qui le détestent encore. Le président doit, à présent, prendre suffisamment de hauteur et de recul par rapport à ses détracteurs, partisans et courtisans, plus particulièrement les "sousou du pouvoir" comme on dit chez nous, qui le poussent à commettre des impairs. C'est cela l'attitude, la vraie et toute première qualité d'un "Chef", d'un rassembleur, pour tout dire, d'un véritable Homme d'Etat. Toujours au milieu du peuple, jamais en dehors ni au-dessus, ...mais à équidistance des chapelles et des partis.

Certes, changer les mentalités des citoyens, les acteurs politiques en particulier, ça va prendre du temps dans une Haïti qui a connu de nombreuses dictatures depuis son indépendance. Cependant notre président doit s'efforcer de trouver cette harmonisation entre le législatif et l'exécutif, aussi nécessaire pour la réussite de son quinquennat. Comme il l'a reconnu lui-même dans un entretien avec une consoeur étrangère : " il ne s'agit pas d'aimer ou de ne pas aimer un parlementaire, d'aimer ou de ne pas aimer un président, il s'agit de se mettre ensemble pour faire progresser le pays ". M. Martelly doit faire de son mieux pour maintenir un dialogue constant entre les trois pouvoirs. Il doit savoir qu'il est garant de la bonne marche des institutions du pays.

Avouons-le, la gouvernance du président Martelly au cours de ces derniers douze mois n'est pas irréprochable. Il y a eu beaucoup d'imperfections. En somme, à l'occasion du premier anniversaire de son arrivée à la tête de la plus haute fonction étatique du pays, marquant ainsi l'entrée officielle en fonction enfin d'un gouvernement qui répond à ses désirs, avec à sa tête Laurent Lamothe, son ami depuis plus de dix ans, nous osons formuler le vœu que les quatre années à venir soient meilleures !

Que le Président gouverne "autrement", comme il nous l'a promis et fait rêver. Que ses conseillers se montrent à la hauteur de leurs tâches ! Qu'il harmonise pour une fois ses relations avec le parlement pour montrer la voie la meilleure pour le rassemblement de tous, le développement des Haïtiens, leur cohésion et leur bien-être, et faire d'Haïti une terre d'amour et de progrès!

DF/Le Floridien

Mis à jour le 16 mai 2012



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