Boston : deux Haïtiens au cœur d’une vaste affaire de fraude aux aides alimentaires estimée à près de 7 millions de dollars

Antonio Bonheur, 74 ans, domicilié à Mattapan, et Saul Alisme, 21 ans, résidant à Hyde Park, font face à des accusations fédérales liées à une fraude présumée de près de 7 millions de dollars au programme d’aides alimentaires SNAP, selon les autorités américaines. Les deux hommes sont présumés innocents jusqu’à preuve du contraire.

Deux résidents d’origine haïtienne du Massachusetts ont été arrêtés et inculpés par les autorités fédérales américaines dans le cadre d’une vaste enquête portant sur une fraude présumée au programme d’aide alimentaire SNAP. Les faits reprochés concernent le détournement allégué de près de 7 millions de dollars destinés à soutenir des familles en situation de précarité, une affaire qui soulève à la fois des enjeux judiciaires et des questions plus larges sur l’impact de telles dérives sur l’image de la diaspora haïtienne aux États-Unis.

 

Boston (Le Floridien) – Deux résidents du Massachusetts, d’origine haïtienne, ont été arrêtés et inculpés par les autorités fédérales américaines pour leur implication présumée dans un vaste système de fraude au programme d’aide alimentaire SNAP (Supplemental Nutrition Assistance Program), selon une note de presse publiée par le Département de la Justice des États-Unis.

Les personnes mises en cause, Antonio Bonheur, 74 ans, domicilié à Mattapan, et Saul Alisme, 21 ans, résidant à Hyde Park, sont accusées d’avoir frauduleusement détourné près de 7 millions de dollars en prestations alimentaires à travers de petits commerces qu’ils exploitaient dans la région de Boston. Chacun fait face à une accusation de fraude aux coupons alimentaires.

D’après les documents judiciaires cités par le Département de la Justice, les deux hommes étaient propriétaires de magasins de type « variety stores » situés dans le quartier de Mattapan. Malgré la taille très réduite de ces commerces et une offre alimentaire limitée, les autorités affirment que les montants mensuels de prestations SNAP encaissés par ces établissements étaient exceptionnellement élevés, atteignant entre 100 000 et 500 000 dollars par mois, des chiffres largement supérieurs à ceux de supermarchés à service complet opérant dans la même zone.

Les enquêteurs fédéraux estiment que ces volumes de transactions ne pouvaient être justifiés par des ventes légitimes. Les données analysées révèleraient en outre que la majorité des transactions SNAP dépassaient les montants habituellement observés dans de petits commerces de quartier, un schéma typiquement associé à des pratiques frauduleuses.

Toujours selon les autorités, des opérations sous couverture menées dans les deux magasins auraient permis d’observer des échanges directs de prestations SNAP contre de l’argent liquide, ainsi que la vente d’alcool en violation des règles strictes encadrant le programme fédéral d’aide alimentaire. Les enquêteurs affirment également que les deux commerces auraient vendu des produits alimentaires humanitaires destinés à des enfants en situation d’insécurité alimentaire à l’étranger, des denrées financées exclusivement par des dons caritatifs et interdites à la vente.

La note de presse précise enfin que les accusés auraient utilisé plusieurs comptes bancaires secondaires afin de dissimuler l’origine des fonds issus des prestations SNAP, en multipliant les retraits et redépôts pour donner l’apparence d’une activité commerciale légitime.

En cas de condamnation, l’infraction reprochée est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison, assortie d’une période de liberté surveillée et d’une amende pouvant atteindre 250 000 dollars.

Le Département de la Justice rappelle que les accusations contenues dans l’acte d’inculpation constituent des allégations et que les deux prévenus sont présumés innocents jusqu’à preuve du contraire, conformément au droit américain.

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