
PORT-AU-PRINCE — L’ancien président Michel Joseph Martelly semble avoir franchi une nouvelle étape vers un possible retour dans la course au Palais national.
Le mardi 22 septembre 2026, l’ancien chef de l’État a entrepris une démarche d’inscription à l’élection présidentielle sous la bannière du groupement politique DEBLOKE, selon plusieurs informations publiées en Haïti.
Cette démarche intervient quelques semaines seulement après son inscription comme électeur, le 30 août dernier, au Lycée de Pétion-Ville. Cette première initiative avait déjà alimenté les spéculations concernant ses intentions politiques.
Cette fois, le signal apparaît beaucoup plus clair : Michel Martelly semble préparer son retour dans l’arène présidentielle, dix ans après avoir quitté le pouvoir.
Il faut toutefois préciser que son inscription ne signifie pas encore que sa candidature est définitivement acceptée. Son dossier doit passer par les différentes étapes de vérification et de conformité prévues par le processus électoral avant une éventuelle validation par le Conseil électoral provisoire (CEP).
Pourquoi le 22 septembre ?
Au-delà de l’annonce elle-même, un détail ne passe pas inaperçu : la date choisie pour entreprendre cette démarche.
Michel Martelly l’a fait le 22 septembre 2026.
Or, cette date correspond exactement au 69e anniversaire de l’élection de François « Papa Doc » Duvalier à la présidence d’Haïti, le 22 septembre 1957.
François Duvalier avait remporté cette élection avant de prendre officiellement ses fonctions le 22 octobre 1957. Son régime allait progressivement devenir une dictature. En 1964, Duvalier se proclama président à vie et resta au pouvoir jusqu’à sa mort en 1971. Son fils, Jean-Claude « Baby Doc » Duvalier, lui succéda. Le régime duvaliériste ne prit fin qu’en février 1986.
La coïncidence entre ces deux dates est donc suffisamment frappante pour susciter des interrogations.
Le choix du 22 septembre par Michel Martelly était-il simplement le fruit du hasard, ou s’agissait-il d’un choix symbolique ?
À ce stade, rien ne permet d’affirmer que l’ancien président a intentionnellement choisi cette date en référence à François Duvalier. Martelly et son entourage n’ont fourni, à notre connaissance, aucune explication publique établissant un tel lien.
Une association qui ne date pas d’aujourd’hui
La question risque néanmoins d’alimenter les discussions en raison des associations historiques faites entre Michel Martelly et certains milieux liés au duvaliérisme.
Bien avant son accession à la présidence en 2011, Martelly, alors connu principalement sous son nom d’artiste Sweet Micky, avait fait l’objet de commentaires et d’analyses concernant ses sympathies politiques et ses relations avec certaines personnalités associées aux forces militaires et politiques opposées à Jean-Bertrand Aristide.
Ces éléments ont contribué, au fil des années, à l’image politique controversée de l’artiste devenu président.
Cela ne permet toutefois pas de conclure que sa démarche du 22 septembre constitue un hommage à François Duvalier. En l’absence d’une déclaration de Martelly ou de DEBLOKE allant dans ce sens, cette interprétation demeure une question ouverte.
Un retour politique qui se précise
Au-delà de la symbolique de la date, les démarches entreprises par Michel Martelly au cours des dernières semaines indiquent clairement un regain d’activité électorale.
Après avoir dirigé Haïti de 2011 à 2016, Martelly avait quitté le Palais national au terme de son mandat dans un contexte de crise électorale. Dix ans plus tard, son nom revient désormais directement dans le processus présidentiel.
Mais plusieurs étapes restent encore à franchir.
Le Conseil électoral provisoire doit notamment examiner la conformité des dossiers avant que les candidatures puissent être définitivement retenues.
C’est donc maintenant vers le CEP que les regards vont se tourner pour déterminer si Michel Martelly pourra effectivement participer à la prochaine présidentielle.
Entre-temps, une autre question continuera probablement d’alimenter les conversations politiques : pourquoi avoir choisi précisément le 22 septembre, 69 ans jour pour jour après l’élection de François Duvalier ?
Coïncidence de calendrier ou message politique soigneusement calculé ?
Pour l’instant, seul Michel Martelly pourrait véritablement répondre à cette question.
— Le Floridien





