
Par Patrick Eliancy_______________________
Les funérailles des victimes de l’accident mortel survenu près de Fort Pierce ont été célébrées le samedi 4 octobre à l’église baptiste Nazareth, à Princeton, dans le sud du comté de Miami-Dade, a constaté Island TV.
Dans la désolation et l’amertume, les proches de Faniola Joseph, 37 ans, et de Herby Dufresne, 30 ans, ont rendu hommage à la mémoire des disparus de ce drame qui a coûté la vie à trois migrants haïtiens.
Selon les premiers éléments recueillis, les victimes se rendaient dans l’Indiana après avoir effectué des achats à Miami pour leur entreprise familiale. Le drame se serait produit lorsqu’un conducteur de poids lourd a effectué une manœuvre illégale — un demi-tour (U-turn) interdit — sur la Florida’s Turnpike.

Au centre de l’église, deux cercueils reposaient pour la cérémonie : ceux de Herby Dufresne et de Faniola Joseph. La famille de Herby a pu lui dire adieu une dernière fois. En revanche, le cercueil de Faniola est resté fermé : « le cadavre est méconnaissable », a lâché un membre de la famille.
Les funérailles de la troisième victime, Rodrigue Dor, ont eu lieu le 20 septembre à la Haitian Evangelical Baptist Church.
Parents, proches et amis ont rappelé les ambitions des disparus et le vide que laisse leur départ dans leurs familles respectives. Tous réclament justice et réparation.
Installés depuis trois ans dans l’Indiana, Herby, Faniola et Rodrigue bénéficiaient du TPS (Temporary Protected Status) et avaient introduit une demande d’asile politique toujours en cours.
L’organisation Sikhs for Justice, basée à Washington et engagée dans la défense des droits humains, a contribué financièrement aux funérailles et aux frais d’avocats. Le consulat général d’Haïti à Miami a assuré la coordination des démarches.
Sur le plan politique, le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, a publiquement critiqué la Californie pour avoir délivré un permis de conduire commercial au chauffeur impliqué, ravivant le débat sur les responsabilités institutionnelles et la sécurité routière inter-États.
Au-delà de l’émotion, les familles — soutenues par la communauté — appellent à une enquête complète, à la redevabilité des acteurs en cause et à des réparations à la hauteur du préjudice subi. Leur exigence est claire : que le droit reconnaisse la dignité des victimes et que justice soit faite.





