
(Le Floridien) — En 2025, le football haïtien a connu de rares moments de lumière sur la scène internationale. Mais au-delà des performances collectives, un nom s’est imposé avec force, constance et éclat : Melchie “Corventina” Dumornay. À seulement 22 ans, la star de l’OL Lyonnes a franchi un cap historique en intégrant le Top 5 mondial du Globe Soccer Women’s Player of the Year, une première absolue pour une joueuse haïtienne — et pour Haïti, toutes catégories confondues.
Même si le prestigieux trophée a été remporté par l’Espagnole Aitana Bonmatí, double Ballon d’Or, la présence de Dumornay parmi les cinq finalistes aux côtés des espagnoles Alexia Putellas, Mariona Caldentey et de l’Anglaise Alessia Russo constitue une avancée symbolique majeure. Pour la première fois, une Haïtienne figurait au cœur du gotha du football mondial, là où se dessinent les standards de l’excellence internationale.
Cette reconnaissance n’est pas le fruit du hasard. Tout au long de l’année, Dumornay a multiplié les distinctions individuelles à un rythme impressionnant. Elle s’est classée 18e au Ballon d’Or féminin et 11e au classement FIFA The Best, malgré une visibilité internationale limitée avec la sélection nationale. Surtout, elle a conservé pour la deuxième année consécutive le titre de Meilleure joueuse de la Concacaf, devançant les vedettes américaines, mexicaines et costaricaines, confirmant ainsi sa domination régionale.
En club, la native de Mirebalais a signé la saison la plus accomplie de sa jeune carrière. Avec l’OL Lyonnes, elle a été sacrée Meilleure jeune joueuse de la Ligue des champions féminine, a terminé co-meilleure buteuse de la D1 Arkema, et a inscrit des buts lors de quatre matches consécutifs en Ligue des champions, contribuant au parcours européen du club jusqu’en demi-finale. Si Lyon n’a décroché que le titre national en 2025, l’impact individuel de Dumornay n’a jamais été aussi éclatant.
Fondés en 2010, les Globe Soccer Awards reposent sur un système combinant le vote du public et celui d’un jury composé de figures emblématiques du football mondial, dont Ian Rush, Francesco Totti, Iker Casillas et Eric Abidal. Être citée parmi les cinq meilleures joueuses de la planète à 22 ans dans ce cadre prestigieux place Dumornay dans une trajectoire rare, où la question n’est plus si elle remportera un titre mondial majeur, mais quand.
Dans un contexte plus large, 2025 aura également été marquée par la qualification historique des Grenadiers pour une phase finale de Coupe du monde, 52 ans après celle de 1974 en Allemagne. Une réussite collective qui renforce l’idée que le football haïtien traverse une phase de renaissance, portée par une génération plus visible, plus professionnelle et largement expatriée.
Mais s’il fallait incarner cette année de réussite en un seul visage, celui de Melchie Dumornay s’impose naturellement. À 22 ans, elle n’est plus seulement un immense espoir : elle est déjà une référence. Une ambassadrice du talent haïtien, capable de rivaliser avec les meilleures joueuses du monde, tout en portant sur ses épaules les rêves d’un pays avide de reconnaissance.
À l’aube de 2026, Dumornay entre pleinement dans ses années de maturité sportive. Avec le retour des échéances internationales et une place désormais acquise parmi l’élite mondiale, l’histoire semble à peine commencer pour celle qui, en 2025, a fait entrer Haïti dans une nouvelle dimension du football féminin mondial.





