
Par Le Floridien __________________
Cinquante et un ans après l’épopée de Munich, la sélection haïtienne de football ravive l’espoir d’une génération qui rêve toujours de voir le bicolore national flotter de nouveau en Coupe du monde. Les Grenadiers ont lancé leur campagne par deux résultats encourageants : 0–0 contre le Honduras « à domicile » (sur terrain neutre), puis 3–3 au Costa Rica. Deux points pris, mais surtout deux signaux forts : une assise défensive solide face au favori du groupe et la capacité à marquer et à revenir au score contre un autre poids lourd.
La suite est claire : pour viser la première place ou, à défaut, un statut de meilleur deuxième, les Grenadiers doivent transformer ces signaux en points. Le match au Nicaragua le 9 octobre prochain sera un tournant : c’est l’adversaire qu’il faut battre, à l’extérieur comme au retour, pour se donner de l’air au classement et soigner la différence de buts.
Le déplacement au Honduras aura valeur d’examen de passage. Un nul y vaudrait très cher : il freinerait un concurrent direct et laisserait Haïti en position d’aborder la dernière fenêtre avec ambition. En novembre, deux rencontres « à domicile » (délocalisées) offriront l’occasion de finir fort — idéalement sur un terrain où vit une forte communauté haïtienne, capable de jouer le rôle de douzième homme — d’abord contre le Costa Rica, puis contre le Nicaragua.
Sur le plan sportif, les repères sont là. La rigueur sans ballon aperçue contre le Honduras doit s’inscrire dans la durée. À l’inverse, la fin de match concédée au Costa Rica rappelle l’urgence de mieux négocier les dernières minutes et les phases arrêtées. À ce niveau d’exigence, l’absence de Jean-Kévin Duverne s’est cruellement fait sentir. Discipline, concentration et justesse dans la rotation pèseront lourd sur des marges aussi ténues.
En concédant l’égalisation dans le temps additionnel (3–3), quatre jours après un nul face au Honduras, les Grenadiers ont laissé filer une occasion de reconfigurer le groupe. Disons-le : une victoire à San José aurait véritablement changé la donne et clarifié la route vers la Coupe du monde.
Au-delà du jeu, le contexte compte : voyages, récupération et routines sur terrain neutre. Transformer ces contraintes en avantage logistique peut peser autant qu’un détail tactique.
En termes d’objectifs, un total autour de 10 à 12 points met généralement à portée la première place. Un plancher de 8 à 10 points, avec différence de buts positive, maintient de réelles chances de finir meilleur deuxième. Tout se jouera donc sur l’efficacité face au Nicaragua et la capacité à gratter un résultat chez le Honduras.
Si Haïti prend au moins quatre points lors de la fenêtre d’octobre (victoire au Nicaragua et nul au Honduras, par exemple), la dernière ligne droite se transformera en finale de groupe. Les Grenadiers ont montré qu’ils ont le niveau ; il leur reste à convertir cette promesse en points au classement, d’autant que de possibles renforts offensifs sont annoncés pour les prochaines confrontations.





