La qualification historique d’Haïti pour la Coupe du Monde 2026 aurait pu permettre à des milliers de supporters de vivre un moment inoubliable sur le sol américain. Pourtant, la décision de l’administration Trump de maintenir le travel ban prive les fans restés en Haïti de ce rendez-vous mondial. Si leur nombre n’aurait peut-être pas été massif, leur présence aurait offert un renfort précieux aux Grenadiers, déjà privés de leur public durant toute la campagne éliminatoire. Heureusement, la puissante diaspora haïtienne aux États-Unis s’apprête à prendre le relais et à devenir le 12e homme de l’équipe où qu’elle joue.
Miami, Fl (Le Floridien) — La qualification historique d’Haïti pour la Coupe du Monde 2026 aurait pu donner lieu à une immense célébration pour les millions de supporters haïtiens à travers le monde. Pourtant, alors que le pays savoure son retour au Mondial pour la première fois depuis 1974, un obstacle majeur se dresse pour nos sœurs et frères restés en Haïti et désireux de venir encourager leur équipe aux États-Unis : l’administration Trump refuse de leur accorder des visas, confirmant qu’aucune dérogation ne sera accordée dans le cadre du travel ban actuellement en vigueur.
Selon le département d’État américain, Haïti — inscrit depuis juin sur la liste des 19 pays soumis à des restrictions d’entrée — ne bénéficiera d’aucune exception pour les spectateurs souhaitant assister aux matchs du Mondial. Les exemptions prévues pour les athlètes, leurs familles, les entraîneurs ou les membres du staff ne s’appliquent pas au public. En clair : les supporters haïtiens vivant en Haïti ne pourront pas obtenir de visas pour se rendre aux États-Unis, même pour le plus grand événement sportif du monde. Reste désormais à savoir si les journalistes seront, eux, exemptés du travel ban.
Cette décision place Haïti aux côtés de l’Iran, également qualifié pour la Coupe du Monde 2026 et frappé par les mêmes restrictions. Elle va surtout à contre-courant des traditions du football mondial, où les pays hôtes simplifient généralement les procédures d’entrée afin de permettre aux supporters de célébrer l’événement en toute liberté. L’annonce pourrait provoquer des tensions au sein de la communauté internationale du football, d’autant que le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait déjà promis que « les fans du monde entier seront les bienvenus » pour cette édition.
Pour Haïti, cette décision est d’autant plus douloureuse que la qualification a été obtenue dans les conditions les plus éprouvantes. Depuis plusieurs années, le pays est ravagé par une crise politique aiguë, une violence de gangs hors de contrôle et une détérioration dramatique de ses infrastructures. Le stade national étant inutilisable, l’équipe haïtienne a joué tous ses matchs éliminatoires loin de Port-au-Prince, sans l’appui de son public, sans chants, sans drapeaux, sans cette ferveur populaire qui fait du “12e homme” haïtien l’un des plus vibrants au monde.
Malgré ces conditions extrêmes, et malgré le fait qu’Haïti n’a pas disputé un seul match « chez elle », les Grenadiers ont réussi l’impensable : se qualifier pour le Mondial 2026. Une prouesse sportive et émotionnelle saluée à travers la diaspora.
Désormais, alors que les supporters du pays se voient de facto exclus de la fête mondiale, une autre force se prépare à prendre le relais : la diaspora haïtienne établie aux États-Unis. Bien que les supporters restés en Haïti n’auraient sans doute pas été très nombreux à faire le voyage, leur présence aurait tout de même constitué un renfort symbolique et émotionnel important pour une équipe qui n’a jamais bénéficié du soutien de son public durant les éliminatoires. Heureusement, la diaspora haïtienne — forte de plusieurs centaines de milliers de personnes, particulièrement concentrée en Floride, à New York, au Massachusetts, au New Jersey, en Géorgie, en Californie et au Texas — s’annonce comme un soutien massif et décisif dans n’importe quelle ville où les Grenadiers joueront.
C’est cette diaspora, souvent née ou installée de longue date aux États-Unis, qui deviendra le nouveau “12e homme”, prête à remplir les stades, à peindre les tribunes en bleu et rouge, et à offrir à l’équipe cette chaleur patriotique dont elle a été privée pendant toute la campagne éliminatoire.
Si les supporters d’Haïti vivant sur l’île devront suivre la compétition à distance, la communauté haïtienne installée en Amérique s’apprête, elle, à transformer chaque match en véritable marée humaine. Et pour une équipe qui a déjà prouvé qu’elle pouvait surmonter l’adversité, ce soutien pourrait bien devenir l’un des atouts majeurs du parcours haïtien en 2026.
Alors que le tirage de la compétition aura lieu le 5 décembre à Washington, les fans espèrent encore un assouplissement — même improbable — de la part de l’administration Trump. Mais quoi qu’il arrive, les Grenadiers savent déjà qu’ils pourront compter sur un public puissant, bruyant et fier : celui de la diaspora, prête à défendre les couleurs d’Haïti partout où leurs héros fouleront la pelouse.






