TPS pour les Haïtiens : un juge fédéral bloque sa fin prématurée

New York (Le Floridien) — Un juge fédéral à New York a offert un répit majeur à des centaines de milliers de ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis. Dans une décision rendue publique vendredi, le juge Brian Cogan, de la Cour fédérale du district Est de New York, a bloqué la tentative de l’administration Trump de mettre fin au Statut de protection temporaire (TPS) pour les Haïtiens avant février 2026.

Cette décision fait suite à l’annonce controversée de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, qui avait déclaré le 27 juin que le TPS pour Haïti prendrait fin le 2 septembre 2025. Selon elle, « la situation environnementale en Haïti s’est suffisamment améliorée pour permettre un retour sécurisé des citoyens haïtiens ». Or, cette affirmation est vivement contestée, notamment par le Département d’État américain lui-même, qui déconseille formellement tout voyage en Haïti en raison de la violence, des enlèvements, de l’instabilité politique et de la dégradation des infrastructures de santé.

Dans son jugement de 23 pages, le juge Cogan, nommé par le président George W. Bush, a estimé que la décision de la secrétaire Noem violait la loi sur le TPS en ignorant les dispositions exigeant un préavis suffisant et en empêchant la fin prématurée d’une extension en cours. « Lorsqu’un gouvernement accorde un avantage pour une durée déterminée, le bénéficiaire peut raisonnablement s’attendre à jouir de cet avantage jusqu’à son terme », a-t-il écrit.

Le TPS pour les Haïtiens avait été prolongé jusqu’au 3 février 2026 par l’administration Biden en 2024, en raison de la crise humanitaire persistante dans le pays. Le juge Cogan a rappelé que des milliers de bénéficiaires ont organisé leur vie autour de cette protection — inscrits à l’école, engagés professionnellement, ou en traitement médical — sur la base de la durée annoncée par les autorités américaines.

La décision du juge Cogan arrive alors que l’administration Trump multiplie les efforts pour démanteler des dispositifs de protection humanitaire, mettant en péril le statut légal de plus d’un million de ressortissants originaires de pays en crise, dont Haïti, Cuba, le Venezuela, le Nicaragua, le Cameroun et l’Afghanistan.

Pour les Haïtiens concernés, le jugement de Cogan représente un souffle d’espoir, une chance de rester plus longtemps dans un pays où beaucoup ont construit leur avenir. Bien que cette victoire soit temporaire, et que des recours juridiques restent possibles, elle rappelle que la loi offre encore une protection face aux décisions arbitraires.

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