
Sarahjane Ternier a été libérée de détention, selon un document judiciaire fédéral consulté par Le Floridien. Compagne de longue date de l’ancien maire de North Miami Philippe Bien-Aimé et mère de ses trois enfants, elle reste toutefois sous surveillance, conformément à une ordonnance rendue le 23 mars 2026.
MIAMI, FL (Le Floridien) – Alors que les rumeurs laissaient croire depuis lundi à la libération de Sarahjane Ternier, Le Floridien a finalement pu consulter le document judiciaire, Case No. 1:26-cv-21830-LEIBOWITZ, qui confirme cette information. Selon cette ordonnance fédérale datée du 23 mars 2026, Sarahjane Ternier, compagne de longue date de l’ancien maire de North Miami Philippe Bien-Aimé et mère de ses trois enfants, a bien été remise en liberté. Le document précise toutefois que cette remise en liberté s’accompagne d’une supervision et de conditions standards, ce qui signifie que, même si elle n’est plus détenue, sa situation migratoire n’est pas nécessairement entièrement réglée.
Une affaire qui suscite des réactions dans la communauté haïtienne
Cette ordonnance permet de clarifier une affaire qui suscitait de nombreuses interrogations au sein de la communauté haïtienne du sud de la Floride. Le tribunal fédéral y indique que Sarahjane Ternier a été libérée de sa détention, ce qui a conduit le juge à rejeter sa requête en habeas corpus comme étant devenue sans objet. En d’autres termes, le recours a été fermé non pas parce que le fond du dossier migratoire a été tranché de manière définitive, mais simplement parce que la question immédiate de sa détention ne se posait plus au moment où le juge a examiné l’affaire.
Les conditions de surveillance imposées par le tribunal
Sur le plan strictement judiciaire, ce dossier précis est donc bel et bien clos. Le tribunal a ordonné la fermeture de l’affaire, mettant ainsi fin à cette procédure particulière. Toutefois, il est important de ne pas confondre la clôture de ce recours avec un règlement complet de l’ensemble de son dossier d’immigration. Le fait qu’elle ait été remise en liberté sous supervision montre au contraire qu’elle demeure soumise à certaines conditions imposées par les autorités migratoires américaines. Autrement dit, Sarahjane Ternier n’est plus en détention, mais cela ne veut pas dire que toutes les procédures ou tous les risques liés à son statut ont disparu.
Sarahjane Ternier est bien connue dans le milieu politique et communautaire comme la compagne de longue date de Philippe Bien-Aimé, ancien maire de North Miami, qui traverse lui-même une période difficile. Elle est également la mère de ses trois enfants. Ce lien avec une personnalité publique bien connue de la communauté explique en partie l’ampleur des réactions et des commentaires suscités par cette affaire ces derniers jours.
Il convient aussi de rappeler que Sarahjane Ternier avait été arrêtée en 1997 alors qu’elle tentait d’entrer illégalement aux États-Unis depuis le Canada, en direction de New York. Selon les informations disponibles, elle utilisait alors un passeport canadien appartenant à une citoyenne du nom de Marguerite Calixte. Cet épisode ancien continue de faire partie du contexte migratoire pris en considération par les autorités américaines.

Dans cette affaire, Sarahjane Ternier est représentée par Me Linda Osberg-Braun, avocate certifiée experte qui pratique exclusivement le droit de l’immigration. Son intervention et son expérience dans ce domaine spécialisé pourraient jouer un rôle important dans la suite des démarches visant à défendre ou à clarifier le statut de sa cliente.
Il faut enfin rappeler que cette affaire survient alors que Philippe Bien-Aimé fait lui-même l’objet d’une procédure civile engagée par le gouvernement fédéral pour lui retirer sa citoyenneté américaine. Selon la plainte annoncée par le ministère américain de la Justice en février 2026, les autorités l’accusent d’avoir obtenu sa résidence permanente puis sa naturalisation au moyen de fausses déclarations, d’une identité frauduleuse, d’un ordre d’expulsion antérieur non divulgué, ainsi que d’informations trompeuses fournies sous serment durant son parcours migratoire. Les autorités soutiennent également, sur la base notamment de comparaisons d’empreintes digitales, qu’il serait la même personne qu’un individu (Philippe Janvier) précédemment visé par une mesure de renvoi. À ce stade toutefois, il s’agit d’allégations formulées dans le cadre d’une procédure civile, et non d’une décision définitive de justice.
En résumé, le document judiciaire consulté par Le Floridien confirme que Sarahjane Ternier a été libérée de détention, mais sous supervision. Le recours en habeas corpus déposé devant le tribunal fédéral est désormais fermé, ce qui signifie que cette affaire précise est terminée. En revanche, cela ne permet pas de conclure que son dossier d’immigration est complètement réglé. Pour la communauté, la nuance est importante : il faut distinguer entre une libération de détention, qui est maintenant confirmée, et une résolution définitive de son statut migratoire, qui, elle, ne l’est pas encore.






