Trois ressortissants haïtiens ont tragiquement perdu la vie sur la Florida Turnpike il y a deux semaines, plongeant leurs familles dans le deuil. Alors que la communauté haïtienne s’attendait à un geste de soutien, le silence du Consulat général d’Haïti à Miami choque et soulève de sérieuses questions sur son rôle et ses responsabilités envers ses ressortissants.
Par Dessalines Ferdinand, Editeur-en-chef
Miami, 28 août 2025 — Il y a maintenant deux semaines, trois ressortissants haïtiens ont tragiquement perdu la vie sur la Florida Turnpike à Fort Pierce. Le drame a été provoqué par une manœuvre illégale de Harjinder Singh, un chauffeur routier indien sans papiers, qui a effectué un U-turn interdit sur l’autoroute, entraînant une collision mortelle avec une minivan.
Les victimes, Herby Dufresne (30 ans, Florida City), Faniola Joseph (37 ans, Pompano Beach) et Rodrique Dor (54 ans, Miami), laissent derrière eux des familles dévastées. Deux d’entre eux venaient tout juste de s’installer aux États-Unis grâce au programme humanitaire Biden. Comme le dit si bien l’adage créole : ‘Cheche lavi… detwi lavi’ (à la recherche d’une vie meilleure… on trouve parfois le malheur). S’ils avaient su, peut-être seraient-ils restés chez eux.
Un drame humain relégué au second plan

Si l’accident a défrayé la chronique dans la presse locale, c’est surtout à cause du statut illégal du chauffeur et des nouvelles mesures politiques adoptées par le gouverneur Ron DeSantis. Plutôt que de se concentrer sur le drame humain, l’affaire a été instrumentalisée pour renforcer le contrôle migratoire.
Le gouverneur en a profité pour annoncer de nouvelles règles de contrôle routier qui s’apparentent à de véritables points de contrôle migratoire. En réaction à cet accident, il a également déclaré que la Floride ne reconnaîtrait plus les permis délivrés aux immigrants sans statut légal.
Le silence choquant du Consulat général d’Haïti à Miami
Ce qui choque encore davantage la communauté haïtienne, notamment ses membres les plus avides d’informations, c’est l’absence totale de réaction officielle du Consulat général d’Haïti à Miami. Alors que son rôle est clairement défini par la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963, cette institution n’avait, jusqu’au moment où nous écrivions ces lignes — mercredi 27 août 2025 —, publié aucune note de sympathie à l’égard des familles endeuillées, ni sur son site officiel, ni sur sa page Facebook. Et ironie du sort, elle est pourtant si prompte à diffuser des notes de presse pour annoncer la fermeture de ses portes lors des jours fériés.

Pourtant, le rôle d’un consulat étranger est clair : il doit assurer la protection et l’assistance de ses ressortissants, particulièrement en cas d’accident grave ou de décès. Selon cette convention, le consulat doit, entre autres : Fournir un soutien aux familles en cas de décès, Aider à la coordination avec les autorités locales, Offrir des informations sur les procédures de rapatriement des corps, Et, surtout, exprimer une solidarité officielle envers les proches des victimes.
Or, au lieu de remplir ce rôle, le consulat continue à communiquer avec la presse presque exclusivement pour annoncer ses fermetures administratives.
Un manquement à une mission fondamentale
Cette absence de réaction soulève de vraies questions sur l’efficacité et la pertinence du Consulat d’Haïti à Miami. A-t-il contacté les familles des victimes ? A-t-il offert une quelconque assistance logistique ou morale ? Rien ne l’indique à ce jour.
A un moment où la diaspora haïtienne fait face à des défis majeurs — immigration, précarité, discrimination — le silence du consulat envoie un message inquiétant : les ressortissants sont livrés à eux-mêmes.
Un appel à la responsabilité
Au-delà du drame, il est urgent que le Consulat général d’Haïti à Miami repense son rôle et assume pleinement sa mission de protection. Les Haïtiens de Floride ont besoin d’une représentation diplomatique présente, proactive et solidaire.
Trois vies ont été fauchées. Trois familles pleurent leurs proches. Pourtant, l’institution censée défendre leurs droits et les accompagner brille par son silence. Il est urgent que les autorités haïtiennes assument leurs responsabilités et revoient en profondeur la gestion de leurs représentations diplomatiques. Il faut placer à la tête des consulats des responsables compétents, capables de comprendre les exigences du milieu diplomatique et de remplir pleinement leur mission, surtout dans les régions où la présence haïtienne est forte et où la communauté attend écoute, protection et soutien.






