
Washington DC (Le Floridien — Le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (Department of Homeland Security – DHS) s’apprête à ajuster sa stratégie d’application des lois sur l’immigration. Selon un rapport relayé par NewsNation, les autorités fédérales vont désormais privilégier l’arrestation d’immigrants en situation irrégulière ayant commis des crimes graves, plutôt que de mener des opérations de grande envergure ciblant indistinctement les migrants.
D’après les informations disponibles, les équipes placées sous l’autorité du commandant en chef de la Border Patrol, Gregory Bovino, concentreront leurs efforts sur des cibles spécifiques, notamment des immigrants condamnés pour des infractions sérieuses.
Fin des grandes rafles ciblant des lieux publics
Ce changement de cap signifie que les agents fédéraux devraient réduire les grandes opérations massives, comme celles menées ces derniers mois dans des magasins Home Depot, des lave-autos ou d’autres lieux publics. Ces interventions avaient été vivement critiquées, notamment parce que des personnes auraient été ciblées en fonction de leur origine ethnique, de leur accent, de leur langue ou simplement de l’endroit où elles se trouvaient.
Si les contrôles routiers resteront en vigueur, la Border Patrol devrait éviter les arrestations aléatoires dans la rue, selon les mêmes sources.

Une décision influencée par l’opinion publique
Cette réorientation intervient dans un contexte de recul marqué du soutien populaire aux politiques de déportation massive du président Donald Trump.
Un sondage du Public Religion Research Institute révèle que l’approbation de la gestion de l’immigration par Trump est passée de 42 % en mars à 33 % récemment.
Par ailleurs, une enquête menée par YouGov indique qu’une majorité d’Américains s’oppose aux opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) liées au durcissement de la politique migratoire. Une autre étude conjointe du New York Times et du groupe de recherche KFF montre qu’environ la moitié des immigrants interrogés disent se sentir moins en sécurité, eux et leurs familles, depuis le retour de Trump à la présidence.
Raids, protestations et poursuites judiciaires
Depuis le début de l’année, des raids migratoires ont été signalés dans plusieurs grandes villes américaines, notamment Los Angeles, Chicago et Charlotte, provoquant manifestations et actions en justice. Les opérations sont de plus en plus scrutées pour d’éventuels abus ou excès.
Malgré ce changement de stratégie, certaines opérations se poursuivent. À La Nouvelle-Orléans, une action baptisée « Catahoula Crunch » reste en cours. Selon le DHS, plus de 250 personnes ont déjà été arrêtées, et les autorités visent un total de 5 000 arrestations.
Une stratégie en mutation, mais des inquiétudes persistantes
Si le DHS affirme vouloir recentrer ses efforts sur les individus représentant une menace réelle pour la sécurité publique, les inquiétudes demeurent au sein des communautés immigrantes, qui redoutent une poursuite des contrôles abusifs et une application inégale de la loi.
Les prochaines semaines permettront de mesurer si ce changement annoncé se traduit réellement par une baisse des opérations de masse et une application plus ciblée des lois migratoires aux États-Unis.





