
(Le Floridien) — Les avocats spécialisés en immigration lancent une alerte claire aux couples mariés engagés dans une procédure de carte verte aux États-Unis : vivre séparément peut sérieusement compromettre une demande fondée sur le mariage, dans un contexte de contrôle renforcé par l’administration Trump. Plus que jamais, les autorités migratoires cherchent à s’assurer que les unions invoquées pour obtenir un statut permanent sont authentiques et non motivées uniquement par des avantages migratoires.
La cohabitation figure désormais parmi les éléments les plus scrutés par l’USCIS (U.S. Citizenship and Immigration Services). Pour les agents de l’immigration, partager un domicile constitue l’une des preuves les plus tangibles qu’un couple mène une vie commune réelle. « La cohabitation a toujours été un facteur clé pour démontrer qu’un mariage est de bonne foi », explique l’avocat Kevin J. Stewart. Selon lui, les dossiers des couples vivant séparément sont examinés avec beaucoup plus de rigueur.
Cela ne signifie pas que toute séparation est automatiquement pénalisante. Des raisons professionnelles, académiques ou familiales peuvent justifier que des époux ne vivent pas sous le même toit. Mais dans ces cas, les autorités attendent des explications cohérentes et solidement documentées. Les couples doivent démontrer non seulement pourquoi ils vivent séparément, mais aussi comment ils maintiennent une relation active et stable malgré la distance.
Pour Brad Bernstein, avocat du cabinet Spar & Bernstein, le message est sans détour : « Être en couple ne donne pas une carte verte. Ce qui compte, c’est de vivre ensemble. » Selon lui, l’absence de domicile commun fragilise immédiatement un dossier, surtout dans le climat actuel.
Ce que l’immigration examine de près
Lors de l’étude d’une demande de carte verte fondée sur le mariage, les agents évaluent plusieurs indicateurs : logement partagé, comptes bancaires communs, baux ou hypothèques conjoints, factures partagées, photos du couple, voyages ensemble, ainsi que des attestations de proches confirmant la relation. Toute incohérence ou documentation insuffisante peut entraîner des délais prolongés, un entretien approfondi, voire un refus.
D’autres signaux peuvent également attirer l’attention des autorités, notamment une grande différence d’âge entre les conjoints, des barrières linguistiques importantes, des divergences culturelles marquées ou un mariage contracté alors que l’un des époux faisait déjà face à une procédure d’expulsion.
Un environnement migratoire plus strict
Ces exigences accrues s’inscrivent dans une politique migratoire plus large qui touche désormais l’immigration légale, y compris les cartes vertes. Des avocats rapportent une multiplication des contrôles, y compris lors de rendez-vous administratifs ordinaires. Bien que ces situations restent relativement limitées, elles contribuent à un climat d’incertitude pour les couples en attente d’une décision.
Dans ce contexte, les spécialistes sont unanimes : la préparation du dossier est essentielle. Les couples doivent anticiper les questions, rassembler des preuves solides et, si nécessaire, se faire accompagner par un professionnel. Plus que jamais, prouver une vie conjugale réelle, cohérente et documentée est devenu la clé pour espérer obtenir une carte verte fondée sur le mariage aux États-Unis.





