Cap-Haïtien (Le Floridien) — Une tragédie maritime a bouleversé la ville du Cap-Haïtien le samedi 28 juin 2025. Un bateau à moteur transportant 27 personnes, en majorité des étudiants de l’Université Anténor Firmin, a chaviré au large de la plage de Cadras, dans la région de Labadie. Le groupe revenait d’une sortie organisée pour célébrer la fin du semestre universitaire. Le bilan est lourd : 13 étudiants ont perdu la vie, 8 sont toujours portés disparus, et seulement 6 ont survécu au naufrage.
Ce drame a plongé les familles des victimes et toute la communauté universitaire dans une profonde douleur. Ces jeunes, pour la plupart issus de la faculté d’informatique, étaient considérés comme faisant partie de la relève professionnelle dont Haïti a tant besoin. Leur disparition soudaine représente non seulement une perte humaine inestimable, mais aussi un coup dur pour un pays en quête de stabilité et de développement.
Le recteur de l’UNAF, Gédéon Eugène, a réagi dans un communiqué, affirmant n’avoir été ni informé ni sollicité pour autoriser cette sortie. « L’administration de l’université n’a pas été officiellement mise au courant de cette activité », a-t-il déclaré, tout en exprimant sa profonde tristesse face à la tragédie. Il a insisté sur le fait qu’aucune permission n’avait été donnée pour un déplacement organisé au nom de l’institution.
Cette déclaration soulève des interrogations sur l’encadrement des activités étudiantes en dehors du cadre académique officiel. L’absence de coordination entre les étudiants et l’administration, combinée à des conditions de transport précaires, montre à quel point un simple moment de détente peut tourner au drame en l’absence de règles claires et de mécanismes de prévention adéquats.
Selon plusieurs témoignages, dont celui d’un étudiant en droit qui a renoncé à monter à bord au dernier moment, le bateau était manifestement surchargé. En plus des passagers, il transportait un générateur et du matériel de sonorisation. Des vents forts soufflaient ce jour-là, ce qui aurait aggravé la situation et mené au chavirement de l’embarcation.
Face à cette catastrophe, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’irresponsabilité des autorités. Ce naufrage met en lumière l’absence criante de régulation dans le transport maritime en Haïti. Les contrôles sont quasi inexistants, les normes de sécurité rarement appliquées, et les embarcations circulent souvent sans équipements de sauvetage adaptés. L’État, dont le rôle est de protéger ses citoyens, est une fois de plus accusé de négligence.
La douleur des familles s’accompagne d’un appel pressant à la responsabilité et à l’action. Il est urgent que les autorités mettent en place des mesures concrètes pour encadrer le transport maritime, imposer le respect des règles de sécurité, et éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.
La mort de ces jeunes ne peut rester vaine. Elle doit servir de signal d’alarme pour une société qui ne peut plus tolérer que l’incompétence ou l’indifférence mette en péril l’avenir de ses enfants.






