Crise Haïtienne : Face à la menace persistante, les dirigeants dominicains mettent de côté leurs divergences pour chercher une solution commune

Saint-Domingue, République Dominicaine (Le Floridien) — Inquiets des répercussions de plus en plus graves de la crise en Haïti, les autorités dominicaines, toutes tendances politiques confondues, semblent désormais prêtes à mettre de côté leurs différends pour rechercher une réponse unifiée. C’est dans cet esprit que le président Luis Abinader et l’ancien président Hipólito Mejía se sont rencontrés le vendredi 11 juillet écoulé, dans le cadre d’une série de consultations entre les principales figures politiques du pays.

Cette dernière rencontre, comme celles qui l’ont précédée, s’inscrit dans la volonté exprimée par le Conseil économique et social (CES) de trouver des solutions concrètes face à la crise sociopolitique chaotique qui secoue Haïti et à ses effets collatéraux sur la République Dominicaine.

Après plus de deux heures d’échanges à la résidence de l’ancien président Mejía, le président Abinader a qualifié la réunion de « très productive », précisant que la discussion a porté non seulement sur Haïti, mais aussi sur des questions connexes telles que la migration, la sécurité, le commerce et les communications. L’objectif affiché reste clair : élaborer une politique commune et coordonnée face à l’aggravation continue de la situation en Haïti.

Le président Abinader a souligné qu’il existe désormais « une volonté de collaboration » entre les différentes équipes des anciens chefs d’État afin de construire une position nationale plus cohérente et plus forte face à la crise haïtienne.

L’intérêt national au-dessus des clivages politiques

Cette démarche marque un tournant important dans le paysage politique dominicain, car elle montre que la gravité de la situation en Haïti parvient à transcender les rivalités internes. Le président a d’ailleurs annoncé qu’une nouvelle réunion est prévue au Palais National le 23 juillet avec les comités chargés d’approfondir ces questions. L’ancien président Mejía, sans entrer dans les détails, a simplement salué « une rencontre profitable entre tous les secteurs » et a exprimé sa satisfaction quant à cette démarche.

Une fermeté affichée face aux critiques d’Amnesty International

En marge de cette réunion, le président Abinader est également revenu sur la récente déclaration d’Amnesty International, qui exhorte le gouvernement dominicain à cesser les expulsions massives d’Haïtiens et à respecter les droits humains. Le chef de l’État a rejeté ces critiques avec fermeté, affirmant qu’« Amnesty n’a aucune autorité morale » pour juger la position dominicaine face à la crise haïtienne.

« Qu’Amnesty aille affronter les gangs en Haïti. Qu’ils aillent aider, qu’ils fassent ce que nous faisons depuis trois ans en alertant la communauté internationale sur ce problème ! » a-t-il martelé, soulignant que son gouvernement continuera à prendre les mesures nécessaires pour protéger le territoire dominicain.

Un front politique uni face à une menace persistante

Il s’agit là de la troisième rencontre du président Abinader avec d’anciens présidents dans ce contexte de crise régionale. Après Danilo Medina le 26 juin et Leonel Fernández le 3 juillet, cette réunion avec Hipólito Mejía s’est révélée être la plus longue, témoignant de l’importance stratégique de ces échanges.

Au-delà des divergences partisanes, ces consultations traduisent une prise de conscience commune que la crise haïtienne représente aujourd’hui une menace directe pour la stabilité de toute l’île. C’est un signe fort que les autorités dominicaines entendent parler d’une seule voix pour protéger leurs intérêts nationaux et chercher, enfin, des solutions concrètes à ce défi qui dépasse les frontières.

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