Haïti : 230 nouveaux policiers kenyans débarquent dans la capitale pour renforcer la lutte anti-gangs

Des policiers kenyans fraîchement arrivés à l’aéroport international de Port-au-Prince descendent d’un avion dans le cadre de la mission internationale de lutte contre les gangs en Haïti, récemment renforcée par l’ONU. Source photo: Internet

Un nouveau contingent kenyan débarque à Port-au-Prince, mais la mission internationale reste loin du compte. Face à des gangs surarmés et un pays à bout de souffle, la communauté internationale est-elle réellement prête à agir ?

 

Port-au-Prince — 8 décembre (Le Floridien) — Un contingent de 230 policiers kenyans est arrivé lundi en Haïti, a annoncé la Police nationale d’Haïti (PNH), dans le cadre du premier renfort étranger à fouler le sol haïtien depuis que le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé, fin septembre, l’élargissement du mandat de la mission internationale chargée de lutter contre les gangs armés. Selon le porte-parole de la force, Jack Ombaka, cette arrivée porte à 980 le nombre d’agents déjà déployés dans le pays, même si l’objectif initial fixé par les Nations unies était d’atteindre rapidement 2 500 membres.

Cette mission, désormais qualifiée de Force de répression des gangs, vise à contrer des organisations criminelles lourdement armées, alimentées par un trafic d’armes venu majoritairement des États-Unis. Ces groupes, aujourd’hui fédérés au sein de la coalition Viv Ansanm, ont étendu leur contrôle sur une grande partie de Port-au-Prince mais aussi vers le centre du pays. Ils sont accusés de massacres, violences sexuelles, extorsions et incendies criminels, plongeant la population dans un climat de terreur et aggravant une crise humanitaire déjà dramatique. Plus de 1,4 million d’Haïtiens ont dû abandonner leur maison pour échapper aux violences.

Les Nations unies ont autorisé un déploiement total pouvant atteindre 5 500 personnels internationaux, mais les contributions volontaires tardent à se concrétiser. Le Kenya, qui assure le commandement de la mission, demeure de loin le principal contributeur, tandis que la Jamaïque, les Bahamas, le Belize, le Guatemala et le Salvador ont envoyé des renforts bien plus limités. Malgré un investissement logistique dépassant un milliard de dollars — incluant transport, restauration, soins et entretien de véhicules —, les États-Unis affirment ne plus vouloir financer seul l’essentiel de l’opération. Dans le fonds fiduciaire mis en place par l’ONU pour soutenir la mission, Washington n’a déposé que 15 millions de dollars, contre 63 millions pour le Canada. Aucun autre versement n’a été enregistré depuis le mois d’août, traduisant une inquiétante stagnation du soutien international. Le fonds totalise actuellement 113 millions de dollars, loin des 800 millions annuels jugés nécessaires au fonctionnement de la force.

Si l’arrivée de ce nouveau contingent kényan apparaît comme un progrès dans les efforts de stabilisation, elle souligne aussi les limites criantes d’une mobilisation internationale encore insuffisante face à la dégradation accélérée de la situation sécuritaire. Pour espérer regagner les territoires perdus et restaurer un minimum de normalité, Haïti attend toujours un engagement plus fort de ses partenaires internationaux.

Avec Reuters

 

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